Son papa, mon héros

Avant la naissance de Pablo, j’étais de ces femmes qui contrôlent tout et qui savent toujours quoi faire face à n’importe quelle situation. En fait, je ne l’aurais jamais dit avant, mais j’étais une femme qui avait confiance en elle et en ses choix. Je ne doutais quasiment jamais de prendre la bonne décision. Je pensais d’ailleurs souvent que la manière dont JE faisais les choses était la meilleure façon de faire. Oui, j’étais têtue, je te l’accorde, mais je me rends compte aujourd’hui que c’est parce que j’avais confiance en moi.

Avec l’arrivée de Pablo dans notre vie, ma confiance s’est déplacée… en son papa. Je ne me dis plus que je fais les choses mieux que lui et qu’il devrait faire comme moi. En fait, je me surprends même lorsque je le vois faire d’une autre manière que moi, à essayer plus tard (quand il n’est pas là), à essayer sa méthode. Mais surtout lors de crise, lorsqu’il se passe quelque chose de nouveau, un problème ou une situation à laquelle nous n’avons jamais été confronté (ce qui arrive très régulièrement lorsqu’on devient parents pour la première fois) je me repose complètement sur lui. J’ai toujours l’impression qu’il aura LUI, la meilleure solution.

Moi qui étais une femme forte, une battante, qui ne se laissait pas abattre, aujourd’hui c’est une grande fragilité qui m’envahit. La peur de ne pas faire comme il faut, la peur de faire mal. Même lorsque mon instinct me dit de faire les choses de telle manière, si les sage-femmes / pédiatres me disent de faire autrement, je fais comme ils me disent. Lorsque je pense à une solution, j’ai toujours besoin de le dire à son papa pour voir ce que, lui, en pense. Je suis devenue incapable de prendre une décision sans son aval. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose me direz-vous ! Il est certain qu’être toujours persuadée d’avoir raison n’est pas un trait de caractère dont j’étais fière, mais pour moi c’est un grand chamboulement. J’ai vécu 28 ans de cette manière, alors aujourd’hui face à cette incertitude constante, je suis un peu désorientée. J’ai l’impression de ne plus être moi-même. Mais finalement, je ne suis plus la même, c’est certain car aujourd’hui, je suis maman…

Hier, j’étais Marie, aujourd’hui, je suis la maman de Pablo.

Peut-être que cette force reviendra avec le temps, en partie, je l’espère. En attendant, je réalise à quel point mon amoureux est un homme gentil, prévenant et fort, une force que je ne soupçonnais pas, il est pour moi d’un soutien sans faille.

Et pour ça j’aimerais lui dire : Merci mon amour, tu es mon héros ! 

 

05.01.2019 – 20h03

pablo - 22 janvier 2019 (16)

Et puis soudain je réalise que ma vie ne sera plus jamais la même…

Ce samedi 5 janvier 2019, à 20h03 ma nouvelle vie a commencé. Je n’imaginais pas à quel point ce petit bébé allait chambouler nos vies, à quel point il allait chambouler ma vie. Nous qui depuis 14 ans vivions notre amour à deux, ce NOUS comptait maintenant 3 personnes. Je me souviens du moment très précis où j’ai réalisé que désormais nous étions une famille, quand la sage-femme a déposé notre bébé dans les bras de son papa. Je ressens encore aujourd’hui ce que j’ai ressenti à ce moment en les regardant… Ces deux hommes étaient les amours de ma vie.

Le 5 janvier 2019 à 20h03, je suis devenue maman.

J’ai passé la première nuit à regarder son visage, écouter sa respiration et tous ses magnifiques petits bruits qu’il émettait. Je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit-là, mais je m’en fichais pas mal. J’étais émerveillée, c’était comme le premier jour d’une histoire d’amour, après le premier baiser, j’étais envahie d’amour, j’avais l’impression que mon cœur n’était pas assez grand pour contenir tout l’amour que j’avais en moi.

Notre séjour à la maternité fut long et semblable à des montagnes russes en terme d’émotions. Et puis comme pour tout le reste, comme un cadeau de plus que notre bébé a voulu me faire nous sommes finalement rentré chez nous, la veille de mon anniversaire. C’est à ce moment-là, de retour chez nous que j’ai réalisé que ma vie ne serait plus jamais la même. Tout ce que j’avais connu jusqu’à présent faisait partie du passé. C’était une nouvelle vie qui commençait, notre vie. Toi, moi, lui, nous.

Lorsque j’ai proposé à mon chéri d’arrêter la pilule, quand nous avons décidé d’avoir un enfant, de fonder une famille, de devenir parent, je n’imaginais pas tout ce que cela allait changer dans nos vies. J’ai d’ailleurs dit « J’aimerais avoir un enfant avec toi… », je n’avais pas pensé que cela impliquait que nous allions devenir parents, que j’allais devenir une maman et lui un papa.

Nous nous aimions depuis 14 ans. Nous étions deux êtres qui ne faisaient qu’un. Nous partagions tout, vivions chaque jour de notre vie ensemble. Alors forcément quand notre petit Pablo à rejoint nos vies nous avons dû apprendre à vivre à 3, à s’aimer à 3. Accepter que l’autre ait autant d’amour pour une deuxième personne. Et ça ce n’est pas toujours facile…

Il y a certains moments où je ne pense qu’à Pablo, où j’ai l’impression que je n’ai que lui dans ma vie, que je ne vis que pour lui. A d’autres moments, je suis jalouse de lui, j’aimerais être la seule personne que mon chéri aime.

Devenir parent, c’est apprendre à partager l’autre. A partager son enfant, à partager son mari, à partager l’amour. La relation n’est plus exclusive, au contraire.

Ce samedi 5 janvier 2019 à 20h03 nous sommes devenu une famille.
Nos vies ne seront plus jamais les mêmes.
Ce samedi 5 janvier 2019 à 20h03, Pablo est née et nous aussi, nous sommes née en temps que parent.